En 1999, en Mandchourie, les membres d’un cadavre sont retrouvés disséminés au quatre coins de la région. Quelques années plus tard, les policiers en charge de l’enquête retrouvent de nouveaux corps, eux aussi démembrés. L’enquête les oriente vers une jolie mystérieuse teinturière impassible. Il se trouve qu’elle est justement la veuve du premier disparu…

Dans « Black coal », le nouveau film du chinois Diao Yinan, tous les ingrédients du film de genre sont savamment réunis: ambiance glauque à souhait, neige glaciale, flics à la vie privée compliquée, tueur insaisissable, enquête qui piétine, etc. On pense aux grands films comme le brillant « Memories of murder » du coréen Joon-ho Bong.

C’est une vision de la Chine assez inédite que nous offre Diao Yinan, à l’instar de son homologue Jia Zhang-Ke avec le récent « A Touch of Sin« . Elle est dans les deux films misérable, violente, déclassée. Dans « Black coal » , le boom économique chinois ne profite certainement pas à la classe ouvrière qui, dans le froid glacial du nord-est de la Chine, oublie son quotidien sur la patinoire municipale ou dans les dancings surchauffés. Elle tombe aussi dans l’alcoolisme, comme c’est le cas pour Zhang Zili (Fan Liao) le flic désabusé qui s’obstine à retrouver l’assassin au patins à glace, un des serial-murders les plus effrayants que le cinéma ait connus.

Avec une très belle mise en scène qui passe de tueries violentes, à la lumière blafarde, à des scènes poétiques de patinage, « Black coal » est indéniablement une perle du polar.