L'indomptée, un film de Caroline Deruas

A la prestigieuse Villa Médicis de Rome, les nouveaux pensionnaires bénéficient d’une année pour améliorer leur art. Deux jeunes femmes, Axèle (Jenna Thiam) et Camille (Clotilde Hesme), sont parmi les heureuses élues de cette promotion – la dernière? – qui compte des écrivains, musiciens, peintres et sculpteurs. Mais comment ces jeunes femmes, l’une écrivain, l’autre photographe, vont-elles accoucher de leur art et s’affranchir pour Camille de son encombrant mentor de mari (Tcheky Karyo) ?

Ce récit original, tourné dans le prestigieux bâtiment surplombant Rome devenue l’Académie souhaitée par Napoléon-Bonaparte, relate l’expérience personnelle de la réalisatrice Caroline Deruas, dont c’est le premier film. La jeune femme fut effectivement pensionnaire à la Villa et a participé aux scénario de plusieurs films de son compagnon Philippe Garrel, de trente ans son aîné.

Quasi huis-clos, le film a été tourné dans la Villa et dans ses superbes jardins. C’est là son intérêt premier: la caméra explore en effet les coins et les recoins des pièces de ce palais du XVIème siècle, furète dans les jardins, enrobe les statues, se promène sur les toits dominant la cité antique. Elle suit surtout les deux attachantes héroïnes de « L’Indomptée »: alors que Camille se heurte aux affres de la création et voit son couple se désintégrer, Axèle erre tel un fantôme dans ce palais d’un autre temps.

Caroline Deruas sait brillamment narrer le délitement du couple Clotilde Hesme – Tcheky Karyo mais tombe malheureusement dans le cliché lorsqu’il s’agit d’évoquer la communauté des artistes pensionnaires. Comment peut-on sous-employer à ce point de grandes actrices comme Maryline Canto ou Lolita Chammah? En revanche, mention spéciale à deux comédiens atypiques: Pascal Rénéric et Virgil Vernier.

Les trois comédiens principaux portent ce film qu’on aurait souhaité plus suggestif et âpre. Tcheky Karyo, qu’on a plaisir à retrouver, nous renvoie à son rôle d’amoureux possessif des « Nuits de la pleine lune » (1984) d’Eric Rohmer. Quant à la belle Jenna Thiam, découverte dans « Salaud, on t’aime » de Claude Lelouch, elle promène sa jolie moue et sa sensualité dans un film inégal mais attachant.