L'Hermine, un film de Christian Vincent

Ce morceau d’étoffe blanche que porte Michel Racine (Fabrice Luchini) autour de sa robe rouge est faite en fourrure d’hermine. C’est le signe distinctif que ce haut magistrat arbore au tribunal de Saint-Omer parmi les suppléants, les avocats et les jurés venus débattre autour d’un sordide dossier d’infanticide. Magistrat à la réputation froide et cassante, Michel Racine est pourtant un homme en mal d’affection. En cours de séparation, ce quinquagénaire solitaire revoit, parmi les jurés, la belle docteur anesthésiste (Sidse Babett Knudsen) qui l’avait soigné il y a quelques années.

Christian Vincent et Fabrice Luchini se retrouvent vingt-cinq ans après le succès de « La Discrète » , ce film qui a permit au grand public de découvrir le génie d’un acteur plutôt abonné aux cinéastes confidentiels. Depuis, Fabrice Luchini est devenu ce monument du cinéma français récemment applaudi dans « Potiche » , « Dans la maison » ou encore les « Femmes du 6ème étage« .

Le film de Christian Vincent mêle habilement deux théâtres qui vont habilement se mêler: l’univers judiciaire et l’histoire d’amour qui se joue sous les yeux des spectateurs. Sans tomber dans le pathétique et les clichés, la caméra prend son temps pour poser son regard sur la misère que vivent les protagonistes et témoins de l’affaire. Et les transports amoureux qui animent le duo son finement amenés.

Bien sûr, le film est porté par le charisme de Fabrice Luchini, tout à fait à son aise en robe de magistrat et en parfaite retenue. La pétillante Sidse Babett Knudsen qu’on avait aimé dans l’étrange « Duke of Burgundy » est la révélation de ce film sincère et juste.