A Paris, dans un commissariat du 19ème arrondissement, une photographe suit les journées d’une équipe de la BPM, la Brigade de Protection des Mineurs. Plongée dans l’enfer de l’enfance maltraitée.

Une semaine après « The Artist« , c’est un autre film récompensé au Festival de Cannes 2011 qui arrive sur les écrans nationaux: « Polisse » est en effet revenu de Cannes avec le Prix du Jury. Le film de Maïwenn (qui avait agréablement surpris son monde avec « Le Bal des actrices ») choque par son sujet difficile (l’enfance maltraitée): On y voit des enfants utilisés par leurs familles, violentés par leurs parents, violés par leurs aînés. C’est difficilement soutenable, en particulier lors d’une scène de séparation entre une mère qui ne peut assurer la subsistance de son fils.

Dans cet enfer, un groupe d’hommes et de femmes, les policiers de la BPM, traquent les adultes coupables. Entre franche camaraderie et rivalités, les policiers s’avèrent des humains comme les autres. Toute une pléiade d’acteurs de talent accompagne la réalisatrice dans son projet: depuis Marina Foïs (au mal-être profond), en passant par Joey Starr (sanguin et sympathique) et Frédéric Pierrot (qui ressemble de plus en plus à Gérard Depardieu !), c’est une belle brochette de talents totalement investis dans leurs rôles. Des seconds rôles comme le talentueux Louis-Do de Lencquesaing (« Le Père de mes enfants« ) ou Anthony Delon complète ce casting foisonnant.

Que penser de « Polisse »? C’est incontestablement un film coup de poing, défenseur de l’enfance. Touchant, choquant, poignant, certaines scènes sont difficilement supportables. Mais il y a des maladresses dans cette galerie de personnages: le film s’égare en route (fallait-il tant s’attarder sur les peines de cœur de ce groupe de policiers? ) pour s’éloigner de son sujet. « Polisse » survole son sujet. Et parfois, on n’adhère pas à l’humour décalé de la réalisatrice (une jeune fille raconte les fellations qu’elle fait pour récupérer son portable).

Un film choc, certes défenseur de l’enfance, mais parfois maladroit.

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