Silence, un film de Martin Scorsese

Avec « Silence » Martin Scorsese revisite un de ses thème de prédilection: la foi. Il l’avait abordé bien sûr dans « La Dernière tentation du Christ » (1988) et dans un biopic sur le Dalaï-Lama « Kundun » (1997). Auparavant, le maître avait esquissé dans ses premiers opus « Mean Street » (1973) et « Taxi Driver » (1976) des hommes tourmentés mais emprunts de croyances.

Ici, Scorsese filme dans le Japon du 17ème siècle la quête de deux prêtres jésuites (Andrew Garfield et Adam Driver) pour le rapatriement du père Ferreira (Liam Neeson) vers leur Portugal natal. Ce dernier, avec d’autres pères jésuites portugais, avait pour mission de christianiser – rien que ça – le pays du soleil levant. Mais, au terme d’un voyage éprouvant passé par la Chine, les hommes de Dieu sont confrontés à une violente inquisition contre le christianisme.

Martin Scorsese aborde cette histoire tirée d’un roman Shusaku Endo à la fois sur le plan intime et historique. Les jeunes prêtres, interprétés de façon un peu plate par Andrew Garfield et Adam Driver, en arrivent à douter de leurs convictions religieuses dans un Japon qui rejette un catholicisme prosélyte. Le pouvoir propose aux jésuites capturés la vie sauve s’ils font acte d’apostasie.

A la fois film d’aventures et film sur la religion, « Silence » captive le spectateur malgré sa longueur: la première partie, dans de superbes paysages, montre les prêtres , à la fois inébranlable, reclus et traqués dans des villages côtiers. La seconde partie, plus intéressante, propose une introspection au cœur de la foi mise en branle chez l’un des deux prêtres.

On peut lire dans « Silence » un réquisitoire contre le clergé arrogant et conquérant malgré quelques scènes plus personnelles de Scorsese, cinéaste croyant, qui peuvent paraître un peu mièvres (dont la dernière).