Valley of Love, un film de Guillaume Nicloux

Isabelle et Gérard, un couple de comédiens sexagénaires désormais divorcés, se rendent dans l’étouffante Vallée de la Mort, aux Etats-Unis. Ce voyage, que leur fils défunt quelques mois plus tôt leur a demandé d’accomplir, est l’occasion de retrouvailles familiales. Sans la présence physique du fils.

Isabelle et Gérard, ce sont Isabelle Huppert et Gérard Depardieu qui évoluent, entre fiction et réalité, dans un étrange film fait de renvois à leur propre passé. C’est d’abord l’occasion de retrouvailles des deux monstres sacrés du cinéma français quelques décennies après « Les Valseuses » de Bertrand Blier (Huppert y incarnait un petit rôle) et surtout « Loulou » de Maurice Pialat. C’est aussi l’occasion d’évoquer la mort, l’ombre de Guillaume Depardieu planant tout le long du film. C’est enfin et surtout une mise à nu de Gérard Depardieu (il est la plupart du temps le ventre à l’air d’ailleurs): il y évoque son obésité et  ses problèmes d’alcoolisme mais révèle aussi sa sensibilité. Isabelle Huppert, plus secrète, est cette comédienne qui semble (jeu ou réalité?) proche de la névrose.

Porté par la musique de Charles Ives, le thème de « The unanswered question » revenant à plusieurs reprises, « Valley of love » est un beau film déroutant qu’il faut voir comme un parcours initiatique face à la perte d’un être cher.