En cette année 1430, Jeanne d’Arc, la pucelle d’Orléans, est faite prisonnière par un seigneur provincial pour être remise aux Anglais. Jeanne, objet de fascination des uns et des autres, s’enferme dans un mutisme absolu.

Nous connaissions le travail de poète de l’image du cinéaste Philippe Ramos, à travers son étonnant précédent film « Capitaine Achab », avec Denis Lavant. Cette fois, ce cinéaste singulier, s’est concentré sur un mythe de l’histoire de France: Jeanne d’Arc. « Jeanne Captive » est loin des superproductions comme celle de Luc Besson. L’œuvre du cinéaste est une réflexion mystique sur cette jeune femme, tour à tout icône et sorcière.

Dans une pièce d’un château, sur une plage ou dans une roulotte, le spectateur suit les derniers mois de celle qui va périr sur un bûcher. La présence de Jeanne est entière aux yeux du spectateur: le grain de sa peau diaphane, les larmes et les moindres détails sa personne font corps avec le spectateur. Clémence Poésy est une Jeanne touchante, fragile et magnifique. Les grands acteurs qui l’entourent, dont Louis-Do de Lencquesaing et Mathieu Amalric en moine mystique, ajoutent du corps à ce film dépouillé.

Mais il y a un trop grand bémol. Pourquoi l’image est-elle si laide? Pourquoi le son si mauvais? Pourquoi tant de ralentis et autres niaiseries formelles de débutant? Le cinéaste, pourtant talentueux, nous emmène trop souvent vers un mauvais téléfilm. Certains moments de grâce, que Clémence Poésy par sa seule présence, nous font heureusement oublier ce parti-pris formel.

« Jeanne Captive » a été tourné au Château de Pierrefonds (Oise), au Château de Vincennes et au Château de Blandy-les-Tours (Seine-et-Marne).